San Clemente del Tuyú
Ce soir, retour à Buenos Aires sous une pluie tropicale... on sentait que le ciel était en train de se soulager après une dizaine de jours vraiments chauds et lourds. Pas le temps de faire 10m qu'on se prend déjà 3 seaux d'eau sur la tête. Mais je m'égare, parce que ce que je voulais vous raconter c'est là d'où je reviens tout juste : San Clemente del Tuyú.
San Clemente, c'est une petite station balnéaire (la première sur l'Océan Atlantique, avant c'est encore le Rio de la Plata) où j'ai eu la joie d'être accueillie en famille ! En effet j'ai retrouvé Débora Czernichow et son mari Gabriel, ainsi que toute leur famille, ouf, ca fait beaucoup d'un coup ! Mais j'ai surtout passé du temps avec Débora et Gabriel, qui ont été... tout simplement une vraie famille, alors qu'ils avaient dû entendre parler de moi pour la première fois deux semaines avant.
Pour les fans de généalogie, Débora est la fille d'un cousin germain de mon oncle Jean, et c'est le père de ce cousin germain qui est arrivé en Argentine vers 1910-1920. C'est donc pour moi une cousine éloignée, mais je vous assure que tout cela ne veut plus dire grand chose quand on se rencontre et qu'on se sent si proche. Ils m'ont donc chouchoutée et promenée pendant ces deux jours qui sont passés très vite.
C'est là que j'ai vraiment eu l'impression pour la première fois de m'immerger un peu dans la vie Argentine. Maté à toutes les heures (c'est la boisson nationale, une sorte de thé qu'ils boivent dans des récipients spéciaux, c'est très convivial), asado le soir (ca c'est le barbecue avec de la viande qu'est pas servie en portions de fillettes), présentation à tout le village... Forcément, Débora est professeur de maths-physique-chimie au lycée depuis 17 ans et tout le monde la connaît, à défaut d'avoir été dans sa classe (ce qui reste le cas de la moitié des gens !).
Gabriel, lui, est garde-parc, il est d'ailleurs quasiment tout seul à s'occuper de la réserve régionale de Punta Rasa. Eh oui, la municipalité lui donne peu de moyens et il doit tout faire. L'été quand le parc est envahi de touristes peu regardants sur la préservation des milieux naturels, il ne peut donc pas faire grand chose, à part les regarder s'installer sur la plage avec leurs voitures...
Punta Rasa est une une longue langue de sable, qui avec la Punta del Este de l'autre côté en Uruguay définissent les limites de l'estuaire du Rio de la Plata (ca doit faire environ 250km de large quand même). C'est donc un point où les eaux du Rio se mélangent à celles de l'océan, ce qui crée un milieu humide très riche pour la plus grande joies des poissons, crabes, oiseaux migrateurs et autres pêcheurs même si c'est interdit bien sûr.
J'ai passé une après-midi dans le parc avec lui, dans les hautes herbes qui poussent à perte de vue, sillonnées de canaux de sables qui se remplissent ou se vident d'eau selon les marées.
C'était très agréable et paisible jusqu'à ce qu'on arrive à la plage, ou les gens s'installent à l'ombre de leurs voitures... étrange à mes yeux, mais bon. En tout cas moi j'avais l'air drôlement cool à me balader dans la 4x4 rouge du ranger !
Bref ce furent de belles retrouvailles et une parenthèse fort douce au bord de l'océan avant de replonger dans la vie trépidante de Buenos Aires.




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