El tren a las nubes
En lisant nos guides avant d'arriver, on avait repéré un truc qui avait l'air génial : le train des nuages, une journée aller-retour dans un tchou-tchou qui montait à plus de 4000 m à travers les Andes, direction le Chili, en slalomant dans les montagnes, en traversant une trentaine de ponts en fer et une dizaine de viaducs... Bref, ça avait l'air super. En fait, ils ont eu un accident il y a deux ans (rassurez-vous, il n'est pas tombé du viaduc, il est juste tombé en panne au milieu de nulle part et ça a dû prendre un peu de temps à le réparer...) et depuis ils l'ont arrêté. Grosse déception, mais nous apprenons qu'il y a une route qui longe plus ou moins l'itinéraire du train, alors ni une ni deux, on y va. Cette fois-ci nous embarquons avec nous une Française, Elsa, et un Argentino-Québecquois (je ne vous raconte pas le mélange !), Francisco, et en avant la musique. Le beau temps est une fois de plus au rendez-vous. Au long de la route nous croisons plusieurs fois la voie ferrée et apercevons les fameux ponts de fer.
Les paysages arides, tout en gris et roses, hérissés de cactus, sont rudes mais grandioses.
A mi-chemin, nous nous arrêtons pour visiter les ruines de Tastil. Elles sont cachées depuis la route et c'est un spectacle impressionnant de les voir apparaître d'un coup en arrivant en haut de la montagne au creux de laquelle elles sont nichées. A plus de 3000 m d'altitude, on peut vraiment dire que ça coupe le souffle... Même si l'essentiel de la route se fait en voiture, les dernières dizaines de mètres à grimper sont rudes quand on n'est pas acclimaté !
Ce qui donne parfois des visoins étranges (si si, regardez bien, au fond)...
Nous continuons la route dans les hauteurs, apercevant des pics enneigés de la cordillère, un petit 5000 par ci, un autre 6000 par là.
Nous passons un col à 4080 m. C'est facile de faire les mariols quand on est en voiture, mais on sent quand même que l'air se fait rare ! Heureusement, personne ne souffre du mal de l'altitude.
De l'autre côté c'est toujours aussi désert, à part une petite ville minière, San Antonio de las Cobres, qui vit de l'exploitation de mines de cuivre à ciel ouvert. On se sent vraiment au bout de nulle part, dans cette ville grise et désolée perdue dans les hauteurs. Rien à voir avec les vallées des jours précédents, où nous croisions plein de petits villages. Là il n'y a rien d'autre.
La vie est bien morne et curieusement, ce sont les chiens qui semblent être devenus fous. Ou suicidaires. Plusieurs se ruent en aboyant sur la voiture, même quand nous roulons à 60 à l'heure, déboulant de nulle part ! Cela nous a valu un bon nombre de dérapages dans les graviers après avoir dû piler sec. Incroyable, ça dépasse mon entendement ou en tout cas ma conception de l'instinct de survie de ces pauvres bêtes. Ici un spécimen qui escorte notre voiture... on a finalement réussi à le doubler, mais on a eu du mal.
Heureusement les lamas, eux, restent cools.
Ainsi que les ânes.
Point culminant de notre trajet, au sens propre et figuré, cet incroyable viaduc de 64 m de haut et 224 m de long, niché à 4200 m d'altitude, superbe et onéreux ouvrage d'art totalement injustifié économiquement, et c'est toute la beauté de la chose.
Inutile de vous dire qu'à quatre, la frénésie du déclic prend des proportions déraisonnables. On a fait tellement de pauses photos qu'on a dû rentrer en vitesse, vu qu'on devait déposer Elsa à l'aéroport en revenant.
Enfin je dis ça, on a quand même réussi à faire encore des pauses photos au retour.
Surtout pour immortaliser l'équipe gagnante de l'étape du jour du Camel Trophy ! Ah oui, c'est qu'on finit par se prendre au jeu sur ces routes de rallye...
























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