Le Parc National Talampaya
Deuxième jour, nous repartons vers le nord de San Juan, direction une zone classée patrimoine mondial de l'humanité, qui comprend deux parcs : le parc national Talampaya et le parc provincial Ischigualasto, à vos souhaits, appelée plus familièrement et comprend pourquoi, vallée de la Lune. Le matin nous découvrons une des spécialités des routes de la région, qui nous fera beaucoup rigoler pendant les jours à venir : les "badenes", succession de fossés qui font penser à un immense tapis qu'on aurait tiré trop vite et qui se ramasserait sur lui-même en faisant des plis, et qui donne l'impression de conduire sur des montagnes russes. Pour peu que le copilote soit en train de s'assoupir un brin, ça réveille direct et en beauté, à peine si les genoux ne te rentrent pas dans le menton ! En voici un petit aperçu, mais ce n'est pas le plus impressionnant que nous ayons vu (forcément, on était trop occupées à glousser comme des folles dans la voiture pour s'arrêter prendre une photo).
Arrivées dans le parc, nous apercevons d'immenses vautours s'envoler à notre approche au-dessus de la route. On voit également beaucoup de condors dans la région. Puis nous pénétrons dans le superbe canyon rouge de Talampaya, accompagnées par les guides du parc dans un petit bus qui nous dépose à différents endroits. Nous n'avons pas beaucoup de liberté de déplacement car tout est très protégé. Nous sommes donc confinés entre touristes ce qui donne un tour un peu comique à la visite, agglutinés que nous sommes dans un rayon de 10 m autour du bus, au milieu de ce canyon immense et vide...
Les appareils photos mitraillent sec mais ce n'est pas facile de photographier ces formations rocheuses monumentales. Chacun y va de sa technique expérimentale pour tenter de capturer la magie du lieu...
La journée se termine avec un petit verre, d'eau minérale bien sûr car il faut conduire après, sur une terrasse à l'entrée du parc, déjà déserté par les cars d'excursions touristiques. Et là on se sent bien, c'est un de ces moments privilégiés, nous sommes réhydratées après la chaleur et la sécheresse de l'après-midi, bien contentes d'avoir notre petite voiture de location et d'être libres comme l'air. Nous sommes presque toutes seules, les heureuses dernières à nous éterniser encore quelques instants précieux dans ce cadre féérique alors que le solel décline lentement à l'horizon...
C'était trop beau pour durer ! Cinq minutes à peine après être sorties du parc, lancées à pleine vitesse sur la superbe route d'accès au parc financée sans doute par l'unesco, moi au volant, il a fallu qu'on tombe sur un pépin. Enfin un pépin, façon de parler, car c'est bien sur une brique, une belle grosse brique posée négligemment au milieu de cette route, au milieu de nulle part, avec juste de la terre et des buissons épineux à perte de vue de part et d'autre... Comment une brique était-elle arrivée là ? A part à supposer que les dieux étaient tombés sur la tête, je ne vois pas. Et justement, je ne la vois pas cette brique. Ou plutôt, de loin, je vois quelque chose qui ressemble fortement à toutes ces autres tâches noires de goudron qu'on trouve partout sur la route. Le temps de réaliser que ce n'est pas une tâche, j'arrive trop vite et je me démerde mal pour l'éviter... mieux, je réussis à rouler pile poil dessus ! Paf. Flop flop flop flop... Oups.
Je me range sur le bas côté, le verdict est sans appel, le pneu est totalement à plat. Bon, heureusement on a encore une bonne heure et demi de jour devant nous, on a beau être au milieu de nulle part il y a quand même quelques voitures qui passent, nous ne sommes donc pas seules au monde, il fait beau, on est dans un endroit superbe... on ne va pas se laisser abattre que diable ! Nous retroussons nos manches, sortons la roue de secours et le cric, pleines d'espoir et de confiance. Mais là, nous nous retrouvons un peu comme deux chimpanzés à qui on aurait offert un walkman. Mmm... ça a l'air chouette ce truc mais comment que ça marche ??? Au bout de 15 minutes nous avons compris comment déplier le cric qui a tout du casse-tête chinois et nous mettons à chercher dans quel sens il doit se mettre pour qu'on arrive à soulever la voiture... Au bout de 10 minutes d'investigations, nous commençons à nous dire qu'on a peut-être intérêt à demander un coup de main si on ne veut pas y passer la nuit ! Ce que nous faisons.
Deux minutes plus tard, une sorte de cow-boy argentin descend de sa jeep et avant que nous ayons le temps de dire ouf, il nous change la roue en nous donnant en prime un cours de mécanique. Il nous dit qu'il a bossé en France au BRGM, bureau de recherches en géologie bien connu des ingénieurs du Gref que nous sommes... Décidément le monde est petit. Nous remercions infiniment ce gentil monsieur et à peine remises de nos émotions, de retour dans la voiture, nous le voyons revenir en courant vers nous... pour nous offrir un énorme sac de raisin frais ! Un vrai délice ! Et ce sont deux petites françaises confuses de gratitude et la panse bien remplie qui repartent, regonflées à bloc, sous un coucher de soleil flamboyant, poursuivre leurs belles aventures au far west...






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