26 avril 2006

c'est où ?

Sous le tropique exactement

Nos deux derniers jours dans la région de Salta vont être consacrés à parcourir la province la plus au nord-ouest, Jujuy, à la frontière de la Bolivie. Pour aller de Salta à Jujuy il y a deux routes. La autopista, l'autoroute donc, voie sûre, longue mais rapide. Et la cornisa, route de corniche, en mauvais état, étroite, dans la forêt subtropicale, avec des vaches et des chevaux un peu partout en travers de la route, plus courte mais plus longue. Enfin vous m'avez comprise ! Nous choisissons évidemment la seconde, nous réservant la première pour le retour à la nuit tombante quand nous devrons rendre la voiture de location.


En route pour l'aventure dans la jungle ! Nous ne sommes pas déçues, la route est en effet riche en émotions, entre les points de vue imprenables, les lianes qui traînent sur la route, les vaches allongées presque en travers du chemin, les camions croisés dans les virages étroits et sans visibilité, les slaloms entre les bouses... Un vrai bonheur. Nous nous faisons contrôler par la police trois fois en 2h. Ils ont vraiment l'air de s'embêter, parfois ils ne nous demandent même pas nos papiers, juste où on va. On le leur dit, et ils nous répondent "ah ben vous êtes sur la bonne route". Sans blague. Ca me rassure, je sais lire un carte. Bref au début c'est rigolo mais à la fin on a un peu l'impression de perdre son temps.



Première étape à Pumamarca, où nous dormirons ce soir. Ce petit village est vraiment charmant, éclaboussé tant par les couleurs de l'artisanat, omniprésent dans le nord du pays...



... que par les tons incroyables de la montagne aux sept couleurs auquel il est adossé.



Mais pour l'instant nous allons dans une autre direction que celle de la quebrada multicolore. Nous allons vers l'ouest, vers le Chili, dans les hauts plateaux désertiques de la puna, altiplano argentin.



A un moment donné, après avoir monté une longue rongue sinueuse, nous passons le col à 4200 m. Il n'y a plus que le ciel au-dessus de nous...



Puis nous redescendons vers le plateau où se trouvent les Salinas Grandes. Encore un endroit magique ! Nous passons notre après-midi à nous promener dans ces fabuleuses étendues de sel...




Nous apercevons à plusieurs reprises des troupeaux de vigognes, encore une autre espèce de camélidés (des cousins des lamas et des guanacos quoi), mais plus fins et élancés. Ils sont aussi plus farouches et on a du mal à s'approcher d'eux. Lorsque nous nous y risquons, nous nous apercevons qu'un mâle semble placé en retrait du reste du troupeau et nous observe. A un moment donné il pousse un cri qui nous refroidit un peu. Evaluant la distance qui nous sépare de la voiture, qui augmente plus nous approchons du troupeau, et celle qui nous sépare du mâle dominant, qui diminue, nous décidons à regret de rebrousser chemin. Au pas de course. On en reste là.



Nous croisons aussi des lamas, qui eux sont plus cools, comme toujours. Ce petit a vraiment une bouille de grosse peluche !



Nous nous éternisons pour regarder le soleil se coucher sur les salines...



... mais pas trop car nous apercevons au loin qu'une mer de nuages est en train de remonter à toute vitesse depuis la vallée vers les hauts plateaux. C'est à dire de là on l'on va vers là où l'on est. C'est impressionnant à voir de loin et nous nous demandons dans quelle tempête nous allons passer, surtout que les gens du coin nous ont parlé de "vents blancs". Mais finalement c'est juste un bête brouillard que nous traversons... On s'est fait peur pour rien. Mais il se déplaçait super vite quand même !


Le lendemain nous partons plein nord, vers la Bolivie, remonter la quebrada de Humahuaca, patrimoine mondial de l'humanité, eh oui, encore un site classé ! Les paysages sont uniques au monde par la richesse des couleurs de la roche (vous avez déjà vu la montagne aux sept couleurs à Pumamarca), qui contrastent merveilleusement avec les dégradés de vert des cultures le long du lit de la rivière.



La palette du peintre, encore un chef d'oeuvre de la nature !





Même les lamas sont hauts en couleur ! Franchement, ils ont pas des bouilles à mourir de rire ?!




Nous passons le tropique du Capricorne... Un petit pas pour l'humanité, mais un grand moment pour nous !



De l'autre côté de la route, une immense horloge solaire. Toutes contentes, nous allons d'un pas décidé mesurer notre décallage avec le soleil. Mais déception ! Il n'y a aucune marque autour de l'horloge... Et fortes en orientation comme nous sommes, nous n'en tirons rien.



Qu'à cela ne tienne, nous relevons le nez et le défilé de couleurs continue...



Après avoir fait une razzia de couvertures et pantalons boliviens dans la petite ville de Humahuaca, nous rebroussons chemin vers le sud car il nous faut rentrer à Salta. Nous sommes encore à un peu plus de 100 km de la frontière bolivienne. Pour finir la journée sur une note pittoresque mais moins rigolote, nous croisons dans la vallée deux barrages de manifestants. On les avait aussi croisé à l'aller, mais sans trop perdre de temps. C'est ainsi que les gens de cette région, la plus pauvre du pays, manifestent leur mécontentement envers la politique du pays, qui les laisse de côté dans leur dénuement. Ils bloquent la route et laissent passer les automobilistes tous les quarts d'heure... ou moins souvent. "Aguanta el Che", voilà ce qu'on peut lire sur certaines banderoles et murs de villages...



Nous passons donc presque une heure à attendre que ça se débloque. Les véhicules s'accumulent et les gens commencent à râler. Puis ça repart. Et ces actions symboliques semblent tristement impuissantes à faire changer les choses...



De retour à Salta, c'est un gros tas de poussière grinçant de partout que nous rendons à l'agence de location. Ah elle en a mangé la voiture, et nous aussi ! Notre "Gol" (c'est le joli petit nom de la Golf ici) est recouverte d'une épaisse couche de poussière rousse, tant dehors que dedans, jusque dans dans le coffre et dans tous les moindres recoins. A chaque fois que nous claquons les portières ça soulève de gros nuages opaques. Sans parler du fait que la radio a aussi dû en manger vu qu'au bout de deux jours elle a arrêté de fonctionner, et les vitres aussi, tellement remplies de terre que le dernier jour on n'arrivait plus à les remonter, elles se déchaussaient et il fallait les repousser à la main... Mais au moins, on a rendu les deux roues de secours intactes. C'est ça la grande classe !

2 Comments:

At mardi, mai 09, 2006 4:13:00 AM, Anonymous Anonyme said...

Début de semaine à Lyon après un week-end pluvieux. C'est dur de reprendre le travail !

Heureusement une heure de dépaysement by Sarah m'a remis des couleurs dans la tête ! (tient, j'ai failli me faire surprendre par mon patron là)

Merci encore de nous faire partager tout ça Sarah! Bises


Chach

 
At mardi, mai 09, 2006 8:57:00 AM, Blogger sarah said...

Merci Chachou ! Si j'arrive à faire passer un peu du bonheur que j'ai eu à faire ce voyage, ça me fait chaud au coeur. A très vite, plein de bisous.

 

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