30 avril 2006

c'est où ?

Les chutes d'Iguazu

La dernière étape de notre périple est au nord-est du pays. Ce sont les monumentales chutes d'Iguazu. Pour s'y rendre depuis Salta qui est au nord-ouest, nous traversons tout le nord du pays en bus. Plus de 24 h en tout... Une bonne journée à pioncer et à regarder des films débiles. Première sensation en débarquant du bus : l'humidité de l'air. Ca nous change énormément de la sécheresse du nord-ouest. La chaleur est tout de suite beaucoup plus palpable. Il fait très beau et la tiédeur de l'air est délicieuse.


Les chutes d'Iguazu sont sur la frontière entre l'Argentine et le Brésil et on peut donc les voir des deux côtés, avec des points de vue assez différents. Du côté brésilien le parcours accessible aux touristes est plus court et comme notre première journée est déjà entammée, nous décidons de commencer par là. Il nous restera ensuite deux jours pour nous promener du côté argentin. Les parcs nationaux sont tout modernes et ultra organisés. Côté Brésil, on te promène dans un bus sans fenêtres à l'étage. Il y a plusieurs étapes où on te propose d'aller faire du rafting, de l'escalade, du rappel... Puis arrêt au point de départ de la promenade vers les chutes.


On emprunte un petit sentier bien camouflé dans la forêt mais bétonné quand même. On entend déjà le grondement de l'eau avant de voir quoi que ce soit. Et soudain, la première apparition. Une dentelle de cascades au milieu de la forêt vierge. L'effet est puissant et on se prend l'espace d'un instant à se rêver le premier aventurier, perdu dans la jungle, qui a découvert cette merveille de la nature.



On est vite rappelé à la réalité par la horde de touristes qui s'agglutine autour de nous. Mais il en faut plus que ça pour anihiler la magie du lieu. Des coatis, cousins tropicaux des ratons laveurs, se promènent tranquillement sur le chemin. Ce sont des animaux sauvages mais ils se sont habitués à venir piquer la nourriture des touristes. Les garde-parc essaient de leur faire perdre cette habitude parce qu'en plus de les dénaturer cela risque d'attirer leurs prédateurs, les pumas. Et comme nous l'expliquera très pédagogiquement une guide que nous rencontrerons le lendemain, les pumas mangent de la viande et nous, nous sommes faits de quoi ? Bon sang mais c'est bien sûr... de viande. On est fait de viande ! On est des gros steaks sur pattes ! Surtout la guide d'ailleurs.



En attendant, nous nous laissons charmer par les myriades de papillons multicolores qui peuplent le lieu.



Le reste du temps est consacré à admirer les chutes sous tous les angles...




Le soleil étant au rendez-vous, Iguazu est un monde d'arc-en-ciels...



A l'embouchure de la gorge du diable, on se laisse brumiser avec délectation par les eaux du rio Iguazu...





Nous rentrons passer la nuit à Puerto Iguazu, ville frontière du côté argentin. La petite auberge où nous avons posé nos bagages a une piscine et nous nous y délassons tandis que la nuit tombe, assez tôt, vers 18h30.


Le lendemain, départ de bon heure pour le parc national argentin car il y a beaucoup de circuits différents à visiter. Ici, c'est un petit train qui dépose les touristes aux différentes étapes de départ des parcours. Nous décidons de casser notre tirelire et de nous offrir une balade en zodiac au pied des chutes. Cela commence par un petit trajet en jeep dans la jungle durant lequel notre charmante guide nous assomme de banalités comme le fait que les carnivores mangent de la viande et que nous autres les humains, nous avons des systèmes d'alarme mais que la nature, elle, a besoin de protections d'un autre genre. Bon, il est où le bateau ?



Ah... il est là ! Nos deux aventurières rescapées du Camel Trophy prennent place à bord de l'embarcation au puissant moteur, encore inconscientes de ce qui les attend au bout du voyage.



Nous remontons le fleuve et ses rapides à contre-courant et pourtant à une vitesse tout à fait honorable. Il en a sous le coude ce petit rafiot ! En chemin nous croisons des carpinchos. C'est le plus gros rongeur du monde. Il doit bien faire 40 kg à l'âge adulte, et avec son gros popotin et ses petites cuisses musclées, on dirait plutôt un gros cochon à tête de castor !



Arrivés tout près des chutes, c'est une fois de plus l'émerveillement. Et nous allons vivre un grand moment d'euphorie en passant à plusieurs reprises dans la brume bouillonnante au pied des chutes. Il y a une puissance de souffle impressionnante, on se fait vraiment doucher au karcher !



Voilà le résultat.



C'est l'excuse parfaite pour aller lézarder une petite heure au soleil sur l'isla San Martin, au beau milieu des chutes. On peut même se baigner car, incroyable mais vrai, il y a une zone où l'eau est calme.



Et c'est reparti pour une après-midi à voir les chutes sous des angles sans cesse nouveaux. Quand je vous parlais de dentelle...




On aperçoit parfois des bébés caïmans en train de se dorer la pilule. On ne va pas le leur reprocher...



La gorge du diable vue d'au-dessus. C'est la chute la plus large et la plus puissante, elle se referme sur elle-même comme une grosse mâchoire et elle crée tellement de brume qu'on n'en voit pas le fond...



En fin de journée nous reprenons un petit canot, silencieux lui, pour aller observer les oiseaux à la tombée du jour, en amont des chutes.




Le lendemain nous retournons nous promener dans le parc, faire un peu d'observation animalière dans la jungle et nous repaître à nouveau du spectacle grandiose de ces chutes inouïes.

En fin de journée nous attend le bus qui va nous ramener à Buenos Aires en 18 h. Et une fois de plus nous faisons la preuve que les repas en caoutchouc arrosés au vin qui tâche n'altèrent en rien l'élégance naturelle des aventurières de notre acabit...